C'est quoi une Conférence Gesticulée ?

C’est une prise de parole publique sous la forme d’un spectacle politique militant. Construite par une personne ou un groupe à partir de leurs expériences, c’est un acte d’éducation populaire fondé sur l’envie de partager ce qu’on a compris, tel qu’on l’a compris, là où on l’a compris.

Acte subversif, la conférence gesticulée transgresse la légitimité (toujours contestée) à parler en public.

Elle dévoile, dénonce, questionne et analyse les mécanismes d’une domination dans un domaine donné, souvent professionnel. Forme scénique d’expression directe, elle ne nécessite aucune compétence théâtrale. Il existe à ce jour environ deux cents conférences gesticulées qui ont été accompagnées par les différentes SCOP et associations d’éducation populaire.

Jacqueline 55 ans assistante sociale, Mathieu 25 ans ingénieur, Philippe 40 ans conseiller d’insertion, Pauline 30 ans institutrice, Franck 60 ans éducateur… Ils montent sur une scène, presque vide, presque sans accessoires.

Ça se passe bien… Ils sont venus pour ça, ils s’y sont préparés, ils ont franchi le pas et ils ont construit ça… Ils ont vu d’autres conférences alors ils se sont dit : « Moi aussi ! Ce que j’ai compris, peu le savent…» Et puis… ils parlent: Anecdotes professionnelles, souvenirs d’enfance, souvenirs de domination, souvenirs de lutte, pensées intimes, indignations, prises de conscience, contradictions, douleurs, joies, espoirs, savoirs théoriques, scientifiques, techniques…

Parfois ils chantent, dansent un peu, ou grattent un instrument de musique. Parlent de leur passion : le kayak, le vélo, la marche en montagne… Mais surtout ils expliquent. Patiemment. Méthodiquement. Et les gens qui sont venus voir et écouter ça apprennent des choses, réfléchissent. Ils rient, pleurent, se mettent en colère. Mais surtout ils comprennent.

Les gesticulants et gesticulantes n’exposent pas un problème mais la façon dont ils ont vécu ce problème. Ils donnent à voir et à entendre une théorie incarnée.

Ils et elles livrent un parti pris, argumenté, qui permet la contradiction, le débat, la mise en travail des désaccords, et donc l’émancipation collective et la démocratie. Ils livrent une intimité pour rendre compte des raisons pour lesquelles cette colère politique les anime, rendre compte du pourquoi de l’engagement.

Les Conférences gesticulées de SIMBIOSO :

TRAVAIL,
faut-il jouer le jeu?

Par Cloé Porthault

Le travail c’est quoi au juste ?

Et le chômage ? Qui travaille ?

Manifestement, les règles du jeu ont changé au fil des époques.A moins que ce ne soit notre façon de jouer ?

Ou bien nos aspirations qui ont évolué face au monde du travail ?

Au gré de ses expériences professionnelles et militantes, Cloé s’est lancée dans un véritable jeu de piste pour décrypter le monde du travail, le rôle du syndicalisme et les jeux de pouvoir qui s’y exercent

A votre tour, lancez les dés et avancez jusqu’à la case « Conférence gesticulée » !
Cartes à la main, Cloé vous proposera d’explorer comment chacune et chacun tente de s’y retrouver en fonction de ses aspirations, de son désir de voir changer ce monde pour ne plus perdre sa vie à la gagner.Attention, édition limitée ! Le Gouvernement est en train de rebattre les cartes … Profitez-en !

TRANSCLASS EXPRESS :
l'histoire d'un prof qui déraille ou comment on fabrique des cancres et des chouchous

Par Maxime Mariette

Il paraît que quand on veut on peut.  Il paraît qu’il suffirait de travailler pour réussir et s’élever socialement. Il paraît que le talent ça compte ! Il paraît que lorsque nous faisons un choix, nous en sommes entièrement responsable. Il paraît qu’en nous il y a quelque chose qui s’appelle la liberté individuelle. Il en paraît des choses.

Et si ce n’était pas si simple ? Et si s’élever dans l’échelle sociale, ce n’était pas le fruit d’une volonté libre mais le résultat d’une souffrance sociale si intense qu’elle nous force à prendre la fuite, à laisser tomber notre milieu d’origine sans forcement le comprendre ? 

Et si le capitalisme, c’était d’abord une histoire d’affects sociaux ?

À travers son récit, Maxime analyse ce que l’on apprend réellement à l’école et comment on l’apprend. De la reproduction sociale au mythe du self made man. il est ce qu’on appelle un transclasse, c’est-à-dire quelqu’un qui est passé d’une classe sociale à une autre.

Il raconte donc aussi comment ces trois petits pour-cent annuels se retrouvent sommés de fuir leur origine pour une vie que l’on dit « meilleure », et les conséquences qui en découle.

Une conférence qui donne des clés de compréhension concernant l’importance que revêt les structures sociales dans nos vies, et comment elles fabriquent notre rapport au monde, à soi et aux autres. À commencer par la famille, l’école et la culture. 

Cette conférence est également un hommage à la culture du One Man Show francophone.

Quelques extraits :